Les descendants Mérovingiens |
L'interview
de Gino Sandri
© "Rennes-Le-Château - Le Dossier !" |
C'est
au cours de l'été 2003 que nous avons rencontré, pour la première fois,
Monsieur Gino Sandri. L'idée de cette rencontre nous est venue suite à
la lettre diffusée sur plusieurs supports du Prieuré de Sion fin de l'année
2002. Quelques mois après cette prise de décision, les premiers contacts
furent établis. Très rapidement, Monsieur Sandri accepta l'idée d'un interview
destiné à être publié sur le Site " Rennes-Le-Château - Le Dossier ! ".
Monsieur Gino Sandri est membre du Prieuré de Sion depuis de nombreuses
années. Très proche de Pierre Plantard, il fait parti du cercle très fermé
des dirigeants du Prieuré de Sion. Comme vous allez pouvoir le lire, Monsieur
Sandri a répondu à l'ensemble de nos questions en y apportant les éléments
à leur compréhension. L'ensemble des réponses de Monsieur Sandri sont
rapportées " In extenso ".
Toutefois,
les éléments, arguments et sous-entendus de ses réponses n'engagent que
lui.

Jean-Patrick Pourtal (JPP) : M. Sandri, depuis combien
de temps êtes vous membre du Prieuré de Sion, et comment y êtes vous entré
?
Gino
Sandri (GS) : J'y ai été reçu en 1977,
recommandé par Pierre Plantard de Saint-Clair.
JPP
: Vous avez longtemps été proche de M. Plantard.
Vous l'avez connu lorsqu'il était Grand Maître du Prieuré de Sion. Quels
étaient les objectifs de M. Plantard pour le Prieuré de Sion lorsqu'il
le dirigeait ?
GS
: Le fond est constant et immuable, lié
à la tradition primordiale, toutefois, les formes extérieures peuvent
varier. SION, en l'occurrence, signifie rameau ou origine. Il appartient
à ceux qui ont reçu la charge de diriger d'agir au mieux compte tenu des
contingences du moment. Il faut aussi préciser que si l'ORDRE a souvent
compté en son sein des personnages influents qui en font le CIRCUIT idéal
pour certains intérêts, ses objectifs ne sont ni politiques ni financiers
JPP
: Monsieur
Plantard a été le documentaliste de M. De Sède pour plusieurs ouvrages
de cet auteur. Comment s'organisait cette collaboration ?
GS
: Vers 1960, à l'occasion de l'affaire
de Gisors, Gérard de Sède, qui a fortuitement rencontré Roger Lhomoy,
publie un article retentissant dans un hebdomadaire à grand tirage. Cela
lui vaut d'entrer en contact avec Pierre Plantard de Saint-Clair. Ce premier
rendez-vous à Aulnay-sous-Bois, 116, avenue Pierre Jouhet, sera suivi
de bien d'autres...
Gérard
de Sède reçoit alors en dépôt un dossier qui fournit la matière de ses
deux livres: " Les Templiers sont parmi nous " et " L'or de Rennes ".
Selon le contrat signé avec les éditions Julliard, les droits se répartissent
entre Gérard de Sède pour 35% et Pierre Plantard de Saint Clair pour 65%.
Gérard
de Sède achève la rédaction de son deuxième livre et se rend dans l'Aude,
ce qui lui donne l'occasion de prendre des contacts. En particulier, il
fait la connaissance de René Descadeillas qui publie lui aussi un ouvrage
sur Rennes-Le-Château. Je précise que ce dernier était en rapport avec
Pierre Plantard de Saint-Clair depuis plusieurs années.
Longtemps
enthousiaste et passionné, Gérard de Sède met fin à cette association
et travaille avec de jeunes collaborateurs comme un professeur parisien
ou encore Jean- Luc Chaumeil avec lequel il rédige un livre intitulé "La
clef de deux énigmes ". Je crois me souvenir que Jean-Luc Chaumeil est
l'auteur du scoop qui vise à publier en exclusivité les photographies
du trésor de Rennes-Le-Château conservé en Suisse. Mais il s'agissait
du trésor de Pétroassa exposé à Paris quelques années plus tôt. Ce livre
ne paraîtra pas et les deux co-auteurs en sortiront fâchés !
JPP
: Par
la suite, M. Plantard a été très impliqué dans le travail des auteurs
Anglais de " L'Enigme Sacrée ". Sa collaboration à conduit ces auteurs
à orienter l'ensemble de leurs travaux autour de l'histoire du Prieuré
de Sion. L'objectif était-il de dévoiler le Prieuré de Sion au grand public
et si oui dans quel but ?
GS
: D'une manière générale, le Prieuré
de Sion ne vise pas le grand public mais il faut agir dans le siècle de
façon subtile. Il y a donc alternance de périodes pendant lesquelles il
est beaucoup question du Prieuré de Sion et d'autres où l'on en parle
moins.
Pour répondre précisément à votre question, en 1955, Pierre Plantard de
Saint-Clair, face à une situation tendue, aux convoitises de toutes sortes,
a décidé de détourner l'attention en montant ce que nous avons parfois
appelé une intoxication selon un plan minutieusement élaboré. Je peux
vous citer une anecdote. En 1977, alors que nous mettions la dernière
main à l'ouvrage paru sous le titre: " Le trésor du Triangle d'Or ", je
m'entretenais avec lui des brochures diffusées sous divers pseudonymes
(Lobineau, Blancassal...) et attribuées à l'Alpina. Lui confiant mon sentiment,
il me répondit du tac au tac: "C'est exactement cela, vous comprenez,
en 1956, on a cherché à m'attaquer, alors j'ai riposté en lançant l'affaire
de Rennes-le-Château ! " Il faut dire que tout le monde y trouvait son
compte, y compris Monsieur Corbu qui y créait un hôtel-restaurant.
La nasse dans laquelle tout le monde devait se rassembler était mise en
place. Avouez que c'est réussi.
JPP
: Une grande partie des travaux de
Gérard de Sède et des Anglais se sont basés sur les copies des parchemins
qu'aurait trouvé Saunière à Rennes-Le-Château. Or nous savons que ces
parchemins ont été réalisés par M. De Cherisey. Pourquoi cette piste a-t-elle
été lancée en pâture aux différents auteurs de Rennes-Le-Château ?
GS : L'abbé
Saunière a bien découvert des parchemins dans l'église Sainte Madeleine
de Rennes-le-Château, leur contenu n'a rien à voir avec les papiers publiés
çà et là. Il en est de même pour ceux qu'il a exhumés par la suite. La
trame du roman de Gérard de Sède est astucieuse. Tout commence en 1888
par la découverte de mystérieux parchemins cryptés et c'est le décryptage
dont la clef est gravée sur une tombe qui donne accès au trésor. Cela
ne vous rappelle rien? Quant aux célèbres documents publiés et analysés
par Gérard de Sède (et par d'autres...), leur apparition s'inscrit dans
le contexte que je viens brièvement d'exposer. Ils n'étaient pas destinés
au grand public, pas plus que les célèbres brochures. Ces papiers servaient
de support à un échange de messages codés entre des réseaux en action,
voire en compétition. Ils n'ont rien à voir avec un trésor de quelque
nature qu'il soit. Or ailleurs, les textes authentiques sont en fait gravés
dans la pierre.
JPP : M.
De Cherisey et M. Plantard étaient des amis de longue date. Peut-on croire
que la rédaction des parchemins soit un pur produit de leurs imaginations
ou peut-on penser qu'ils se soient inspirés de documents existants ?
GS
: Pardonnez-moi de me répéter,
la rédaction de ces parchemins répondait à l'époque à un but précis. Là
encore, il s'agissait de détourner l'attention afin de protéger d'autres
documents. Comme vous le savez, à partir de 1956, une série de publications
diffusées sous divers pseudonymes est mise en circulation. Nous sommes
en présence d'une véritable campagne qui vise un personnage ou une société
qui agit dans le domaine de l'occulte. Cet échange ne concerne qu'un cercle
restreint. Quarante années après, ces documents sont devenus sans intérêt
si ce n'est qu'historique. Il est pour le moins amusant de relever qu'une
" officine " installée à l'époque à Rennes-le-Château produit quantité
de documents de facture identique ainsi que des papiers ou correspondance
attribués à l'abbé Boudet ou à l'abbé Bigou. Ces écrits font alors l'objet
d'un commerce juteux qui, paraît-il, s'est poursuivi. Malheureusement,
des auteurs impliqués dans l'histoire de Rennes sont victimes de cette
escroquerie dans laquelle le Prieuré de Sion n'a aucune part et n'en tire
aucun bénéfice.
JPP
: Pendant longtemps M. Plantard a soutenu le fait qu'il était le
descendant des derniers Mérovingiens. Pourquoi, par la suite, a-t-il soutenu
le contraire ?
GS
: Il y a là une clef qui peut éclairer bien des points. Cette
histoire n'est pas à prendre au pied de la lettre mais elle a séduit Gérard
de Sède, fasciné par la noblesse et qui base tout son roman " La race
fabuleuse " sur ce thème et sur le mythe prégnant du roi caché. Il saisit
l'opportunité de mettre en scène un mystérieux " marquis de B " dont il
reçoit les confidences. Le jeu prend alors de l'ampleur puisque ce marquis
de B entretient une correspondance avec d'innombrables "chercheurs" utilisant
pour ce faire un beau papier à lettre orné d'un blason inconnu! Qui se
cache derrière cet énigmatique aristocrate qui dispose de multiples relais
dans le Razès ?
Notre
enquête a permis d'établir qu'il existait un lien entre ce "marquis de
B " et l'auteur de la brochure intitulée: "Un trésor mérovingien à Rennes
le château ". Ce dernier, de nationalité belge, avait coutume, lors de
ses séjours parisiens, de descendre, sous le nom d'Antoine l'Ermite, à
l'Hôtel du Mont d'Or, 19 rue du Mont d'Or, Paris 17ème. Du 13 au 17 mai
1966, il y occupe la chambre n°2 puis, du 8 au 19 juin de la même année,
la chambre n°1. Il dépose alors sa publication à la Bibliothèque Nationale,
publication qui reçoit la cote 8 Lj 9 9537.
Une
autre publication sert de référence à Gérard de Sède:" Les dossiers secrets
d'Henri Lobineau" par Philippe Toscan du Plantier. Selon Gérard de Sède,
ce nom est inconnu à cette adresse et Philippe Toscan du Plantier vit
à Bodrun en Turquie.
Le
11 avril 1967, la brigade des stupéfiants arrête ce jeune professeur de
philosophie pour détention de LSD au domicile de son amie Anne-Marie Rossi,
17 quai de Montebello à Paris. La police était bien renseignée! "Homme
honnête ", Philippe Toscan du Plantier ne dénonce pas "son" fournisseur.
Les grands quotidiens de l'époque rendent compte de ce fait divers. Gérard
de Sède était un fidèle lecteur de ces grands journaux parisiens et il
ne pouvait ignorer ce fait divers!
Il
y a maintenant un demi-siècle, vivait un curieux personnage qui se faisait
appeler Henri Lobineau ou "comte de Lénoncourt ". On pouvait le rencontrer
à Paris, où il habitait, à Gisors ou à Rennes le château où il avait établi
le quartier général d'une étrange officine. Ce discret personnage s'était
illustré pendant la seconde guerre mondiale. Il opérait en France occupée
et en Suisse pour le comte de Selborne, responsable du SOE. La guerre
achevée, il mène de front de multiples et discrètes activités, cherchant
des trésors, négociant des monnaies anciennes. Il était en relation avec
Léo Schidlof, antiquaire et historien de l'art résidant à Vienne. Léo
Schidlof est l'auteur du catalogue d'une grande exposition sur les miniatures
anciennes à Genève, en 1956. Si la curiosité vous y pousse, consultez
quelques exemplaires de ce catalogue trilingue; la version anglaise est
loin d'être la traduction du texte français, il en est de même pour la
version allemande! Monsieur N dit Henri Lobineau fréquentait un ingénieur
parisien habitant avenue Foch. D'ailleurs, cette même année, le superbe
appartement de l'avenue Foch est détruit par un incendie. Il n'y aura
pas d'enquête. Cette année 1967 est riche en fait divers. Faut-il parler
de Fakar Ul Islam trouvé mort en gare de Melun à la suite d'une chute
malencontreuse du train de nuit Paris-Genève ?
Encore
un fait divers si vous le voulez bien. Cette même année un opuscule "Le
Serpent Rouge ", fait l'objet du dépôt légal. Or, les trois auteurs mentionnés
se sont suicidés quasi simultanément. Le délire est contagieux ce qui
a amené certains auteurs un peu surmenés à affirmer que Pierre Plantard
de Saint-Clair et le Prieuré de Sion ont assassiné trois personnes par
pendaison!
Le
contenu de ces petits opuscules est certes délirant mais il y réside un
fond parfois intéressant. Alors, une dernière coïncidence: en cette année
1967, plusieurs cartons d'archives du Prieuré de Sion sont dérobés, lors
d'un cambriolage, dans l'appartement de Philippe de Chérisey, situé 37,
rue Saint-Lazare à Paris. Y a-t-il un rapport entre tous ces faits? Cinq
ans plus tard un journaliste sans emploi maître chanteur à ses heures,
tentera de vendre ces papiers au plus offrant!
JPP
: En 2000, Monsieur Plantard décède. Au moi de juin de cette même
année, je suis directement contacté par son fils, par e-mail qui m'annonce
le décès de son père, survenu quelques jours plutôt. Or après vérification,
je découvre que le décès de M. Plantard est survenu le 3 février 2000.
Pourquoi une telle tentative de manipulation autour de la mort du Grand
Maître du Prieuré de Sion ?
GS
: Ces dernières années, le Prieuré de Sion en général Pierre
Plantard de Saint-Clair en particulier a dû faire face à une situation
tendue. Nous avons connu une recrudescence de libelles, de tracts anonymes,
de menaces et de pressions de tous ordres, mais ce n'est pas le plus grave.
Pierre Plantard de Saint-Clair ne souhaite pas finir comme Péladan ou
Georges Monti victimes d'un empoisonnement. Une stratégie a été élaborée
et des dispositions ont été prises. Je n'en dirai pas plus.
JPP
: Pour certains, la mort de M. Plantard serait fausse. Pour
d'autres, M. Plantard serait … ressuscité ! Que pensez-vous de tout cela
?
GS
: A votre avis ?
JPP : Revenons au Prieuré de Sion.
Que représente Rennes-Le-Château pour le Prieuré de Sion ?
GS
: Il existe d'autres lieux selon les époques. Pourquoi ne parle-t-on
jamais de Millau, d'Annemasse de Montrevel ou du Brésil. Tout ceci s'ajuste
dans l'espace et le temps. En ce qui concerne Rennes-Le-Château, le Prieuré
de Sion y établit son siège en 1681. La Compagnie du Saint-Sacrement,
fondée par Henri de Lévis, est dissoute en 1665. Quelques lustres plus
tard il existe toujours des adeptes dans la région, adeptes qui rejoignent
le Prieuré de Sion.
A
l'origine de ce choix nous trouvons Jean-Timoléon de Negri d'Ables assisté
de Blaise d'Hautpoul. Relevons également les noms des abbés André-Hercule
de Fleury et Jean-Pierre Cabanié. De nouvelles dispositions sont prises
le 19 septembre 1730 par François d'Hautpoul et Jean-Paul de Nègre lui-même
lié à une survivance de la Compagnie du Saint-Sacrement.
Si
nous revenons aux archives du Prieuré de Sion ceci désigne des dépôts
de natures diverses des documents ou des objets dont certains sont fort
anciens je pense à certaines pierres gravées. La situation est très complexe.
Durant la révolution française entre 1789 et 1792 des dépôts " clandestins
" sont constitués afin de mettre des dossiers précieux et des actes authentiques
à l'abri des vandales. Pour la plupart tout a subsisté. En ce qui concerne
le Prieuré de Sion, certains de ces actes ont été confiés à Maximilien
de Lorraine, archevêque de Cologne. Au début du XIXème siècle, des pièces
restent entre les mains des Habsbourg qui, quelques décennies plus tard,
établissent des contacts avec les abbés Boudet et Saunière. Pourquoi?
Il est question d'échanges de documents.
Un
autre dépôt est constitué au château du Lys près de Lille. En 1938, Gabriel
Trarieux d'Egmont y est invité par le comte de Saint-Hilier, grand-oncle
de Philippe de Chérisey. En prévision de la guerre qui s'annonce, les
archives, confiées à Gabriel Trarieux d'Egmont sont déplacées à Monte-Carlo.
Parlons,
si vous le voulez bien, d'une affaire similaire. A la fin de la révolution
française, le Prieuré de Sion tente d'obtenir auprès d'Angélique Lenoir
la restitution de certains actes. Elle prétend alors avoir brûlé tous
les papiers sous la Terreur. Ceci est inexact car nous savons qu'elle
en confia une partie au comte d'Antraigues.
Pourquoi
ces précautions? Quel était le secret d'Angélique Lenoir? Pourquoi prétend-elle
avoir détruit tous les papiers, titres et manuscrits qu'elle a reçu ?
André Chénier et l'abbé Delille parlent de documents du Temple. Mais,...de
quel Temple s'agit-il ? L'Ordre du Temple ou le secret du Temple à Paris
? Seul ce dernier pouvait avoir de l'intérêt aux yeux des Habsbourg.
Angélique
Lenoir était mariée à Jean-Marie Alexandre d'Hautpoul. En 1799, Elisabeth
d'Hautpoul dite Mademoiselle de Rennes reçoit sa famille au château de
Montferrand aux Bains de Rennes. Est notamment présent le général d'Hautpoul.
Cette réunion a pour but de confier les documents d'Angélique Lenoir à
la dernière demoiselle de Rennes. Celle-ci décède à Paris le 20 mai 1820.
Les
royalistes n'hésitèrent pas à croire que les parchemins d'Angélique Lenoir
touchaient à l'énigme de la survivance de Louis XVII. A ce jour, personne
n'a retrouvé les documents d'Angélique Lenoir, du moins ... à Rennes!
JPP
: Y a-t-il eu des relations entre Bérenger Saunière et le Prieuré
de Sion ?
GS
: Qu'entendez-vous par relations? Si vous me demandez s'il y appartenait,
la réponse est négative. Bérenger Saunière était dans la place et il était
utilisé et manipulé par différents réseaux pour chercher certains dépôts.
Je vous précise que la recherche du trésor de l'abbé Saunière ne m'intéresse
pas. Pour ma part, je n'ai jamais creusé de trous dans la région et ne
compte pas le faire!
JPP
: Il est notable que Rennes-Le-Château attire de nombreux
groupements. De nombreuses Sociétés " Secrètes ", " Discrètes " semblent
se passionner pour ce lieu. Que pense le Prieuré de Sion de cela et est-il
également présent en ces lieux ?
GS
: Le Prieuré de Sion s'en réjouit. Cela les occupe. Plus il
y a de fous, plus on s'amuse. Comme le dit Pierre Plantard de Saint-Clair
avec son humour coutumier, tout se déroule selon le plan prévu, quarante
ans après! Toujours sur le mode humoristique, je crois qu'il y a bien
un Prieuré de Sion en activité à Rennes ou peut-être plusieurs, mais il
s'agit des contrefaçons que nous avons identifiées. A votre avis, pourquoi
ne parle-t-on pas de lieux tout aussi importants ?
JPP
: Pour certains, le Prieuré de Sion serait lié à la Franc-Maçonnerie.
Qu'en est-il ?
GS
: La question revient souvent. Je vais donc essayer de dissiper
la confusion. Je sais que certains voient le Prieuré de Sion comme une
obédience maçonnique ou plus exactement une structure de hauts grades.
Il n'en est rien. C'est un système de représentation qui leur est familier
mais qui n'a aucun rapport avec la réalité. D'où vient cette confusion?
J'ai déjà évoqué les opuscules déposés à la Bibliothèque Nationale mentionnant
la Grande Loge Suisse Alpina comme si l'on voulait aiguiller sur cette
piste. Dans quel but? Mais, il arrive que des structures maçonniques soient
suscitées ou orientées par le Prieuré de Sion pour servir de cercle extérieur
ou de relais comme à Lyon en 1828 avec le rite de Memphis. Plus tard,
ces structures sont livrées à leur propre destin. Enfin, des membres de
la franc-maçonnerie et non des moindres ont fait partie du Prieuré de
Sion. Je pense au docteur Savoire ou à Georges Monti, très lié au duc
de Conaught, Grand-Maître de la Grande Loge Unie d'Angleterre mais, la
franc- maçonnerie n'était pas leur priorité
JPP
: Au début de cette année, un document " officiel " du Prieuré
de Sion a été porté à la connaissance du grand public. Ce document portait
votre signature ainsi qu'une autre avec la mention G CHYREN. Il est annoncé
que 2003 est une année fatidique et que l'apogée du Prieuré de Sion sera
atteint. Quelles sont les particularités de 2003 pour le Prieuré de Sion
? A quel moment devrait-il atteindre son apogée, sachant que nous sommes
au mois d'octobre 2003 ?
GS
: Il existe des cycles qui déterminent
des moments privilégiés, ce que l'on appelle dans certains milieux des
circuits. Ces instants remarquables sont propices aux révélations. En
ce qui concerne le Prieuré de Sion, tout est en ordre et nous allons vers
une nécessaire clarification. Les faux Prieurés vont apparaître en pleine
lumière ce qui favorisera leur implosion.
JPP
: Toujours dans le même document, il est clairement spécifié
que la place de la Femme est importante pour le Prieuré de Sion. En quoi
consiste-t-elle ?
GS
: Sur un plan fondamental, c'est
un point essentiel, malheureusement bien occulté. La pluspart des sociétés
initiatiques ne sont souvent que des caricatures et la misogynie latente
en est un signe. Sans pouvoir m'étendre sur le sujet, je veux soumettre
ceci à votre réflexion. Dans beaucoup de rituels, l'impétrant est mis
en présence de la mort et de la renaissance. Mort et transfiguration!
Or, dans la mythologie égyptienne, c'est Isis qui est seule en mesure
de rassembler les morceaux épars du corps d'Osiris. Quoique l'on fasse,
c'est incontournable.
JPP
: Pouvez-vous nous décrire et nous expliquer la structure du Prieuré
de Sion actuelle ?
GS
: Il existe traditionnellement plusieurs cercles, au moins
deux, trois pour être exact, ce qui donne parfois l'impression qu'il existe
plusieurs structures, l'une étant le décalque de l'autre.
JPP
: En cette fin d'année 2003, le Prieure de Sion de 2003
semble très différent de celui que dirigeait M. Plantard. Pouvez-vous
nous parler des ses objectifs ?
GS
: C'est évidemment une impression et je vous en ai donné l'explication
précédemment. Il n'y a aucune différence, aucune rupture et soyez persuadé
que l'influence de Pierre Plantard est bien réelle. Quant à ses objectifs,
ils ne sont ni politiques ni financiers quelques soient les membres. L'affairisme
n'y a pas sa place. Le monde des arts et des lettres y occupe toujours
une place prépondérante.
JPP
: Le Prieuré de Sion est dirigé par un Grand Maître. Pouvez-vous
nous parler du Grand maître actuel et pouvez-vous nous révéler son nom
?
GS
: Je ne vous en dirai pas plus
aujourd'hui.
JPP
: Pour beaucoup de personnes, le Prieuré de Sion semble inexistant.
Recrutez-vous ? Et quelles sont les qualités nécessaires pour entrer au
Prieuré de Sion ?
GS
: On ne postule pas. On est soigneusement
choisi après avoir été longuement étudié et éprouvé en particulier, l'intégrité
morale est essentielle. On n'accorde aucune valeur aux titres et aux diplômes.
Généralement, l'impétrant est un cœur noble et pur n'appartenant à aucune
structure. Péladan organisait les salons de la Rose-Croix, Georges Monti
était artiste-peintre; la mise en circulation d'une œuvre d'art est un
signal de reconnaissance destiné à réunir des individus ayant une sensibilité
identique.
JPP
: Une tourte dernière question : Quel est le lien entre
le Prieuré de Sion discret que nous venons d'évoquer ensemble et l'association
créée à Annemasse en 1956 ?
GS
: L'association créée à Annemasse répondait en son temps, en
ce lieu, à un but précis. C'était aussi, si vous préférez, une sorte de
cercle extérieur. Une fonction similaire était dévolue à l'Ordre de l'Alpha-Galates
créé en 1934 à Paris. Nous pourrions aussi évoquer d'autres créations...
Nous
vous remercions de vos réponses.
  
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